Beltud a accompagné le MR lors de sa mission à Istanbul avec Fedactio

La Région bruxelloise doit faire face et relever, à très court terme, deux défis importants. D’une part un boom démographique auquel il faut apporter des solutions concrètes en termes d’infrastructures ; d’autre part un taux de chômage de plus de 20% auprès des jeunes,  notamment parmi ceux issus de l’immigration. La communauté turque est une communauté importante et très active à Bruxelles. Une communauté qui investit dans la ville où elle vit et qui soutient sa jeune génération,  avec laquelle le MR souhaite plus encore dialoguer et travailler. Dans cette optique, le MRLB a organisé un voyage de quatre jours à Istanbul en collaboration avec Fedactio, afin d’y rencontrer des professionnels turcs dans les deux secteurs susmentionnés : l’économie et l’enseignement. L’occasion d’entendre ce que les investisseurs turcs attendent de la Région bruxelloise afin d’améliorer les contacts économiques, mais aussi d’étudier l’organisation de l’enseignement turc, visiblement en lien plus étroit avec le monde des entreprises. Beltud a contribué à l'élaboration de cette mission et notre présidente Seval Kayman a accompagné la délégation à Istanbul. L’économie stambouliote saturée laisse place à la nouvelle émergence économique d’Anatolie La délégation MR, présidée par Françoise Bertieaux, a tout d’abord été reçue par le Consul Général de la Belgique à Istanbul François Del Marmol, l’attaché économique et commercial de la Région de Bruxelles-Capitale Sabih Akay et par Aydin Bilginer, membre du conseil d’administration de la Chambre de Commerce Belgo-Luxembourgeoise à Istanbul. M. Sabih Akay a informé la délégation libérale des opportunités d’investissements que présente la Turquie. Soulignant que la Turquie possède la 16ème plus grande économie mondiale et la 10ème plus grande de l’Union Européenne, Sabih Akay a mis en évidence les nombreux avantages qui font disposer le pays d’un climat d’investissement libéral et conformiste. M. Akay a également fait remarquer que l’économie anatolienne est en pleine émergence et qu’elle constitue une excellente alternative à celle d’Istanbul, métropole économiquement saturée avec ses plus de 350 mille entreprises. Le Consul Del Marmol a soutenu le point de vue de l’attaché, pointant les « mégas projets » du gouvernement concernant Istanbul, qui vont selon lui encombrer encore plus la ville, et a conseillé aux investisseurs belges de se tourner plutôt vers l’Anatolie. Pour rappel,  le premier ministre Erdogan avait annoncé il y a quelques semaines son projet de creuser un canal parallèle au Bosphore, pour offrir une alternative au trafic maritime, et aussi la construction de deux villes satellites dans chacune des deux rives de la ville. Le gouvernement d’Ak Parti au pouvoir veut également faire de la mégapole le centre financier de la région et envisage de construire un troisième pont, outre le projet Marmaray en construction qui reliera les deux continents par un tunnel. Aydin Bilginer a quant à lui mis en évidence la compétence industrielle de la Turquie qui, avec une main d’œuvre extrêmement qualifiée et compétitive, offre une capacité de production défiant toute concurrence. M. Bilginer a également fait remarquer que la crise financière mondiale a très peu affecté le pays qui -grâce à la crise financière vécue en 2001- a réformé son système financier, et qui offre d’après lui des services bancaires beaucoup plus sophistiqués qu’à Bruxelles. Selon Aydin Bilginer, le plus grand défi de l’économie turque reste le coût élevé de l’énergie, qui affecte la balance des paiements et creuse un déficit considérable. Le gouvernement tente d’amenuiser les conséquences de ce phénomène d’une part en construisant des barrages, ce qui affecte ses relations avec ses voisins qui convoitent également l’eau du Tigre et de l’Euphrate ; et d’autre part en se retournant vers l’énergie nucléaire qui rencontre une puissante opposition suite à la catastrophe de Fukushima. Une législation en faveur de l’investissement à l’éducation Les libéraux bruxellois se sont ensuite rendus au Directorat Provincial de l’Education Nationale, où ils ont été reçus par le directeur Muammer Yildiz. La Présidente du MRLB Françoise Bertieaux a fait remarquer qu’Istanbul et Bruxelles ont beaucoup de points en commun, comme par exemple la jeunesse de la population et le taux de naissance élevé,  éléments qui défient l’enseignement des deux villes. Monsieur Yildiz a expliqué que les moyens affectés à l’éducation nationale ont décuplé ces dernières années et que pour la première fois dans l’histoire, le budget de l’enseignement a dépassé celui de la défense, poussant celui-ci à la deuxième place. Durant les huit dernières années, le nombre de places dans les écoles stambouliotes a presque doublé. Outre l’augmentation du budget, le mécénat des sociétés privées qui voient leurs investissements déduits à 100% et les legs des personnes privées ont favorisé ce développement. Le lycée technique et industriel de Şişli, la plus grande professionnelle de Turquie avec sa capacité de 6 mille élèves, a été le troisième lieu visité par la délégation. Les difficultés que rencontre l’enseignement technique et professionnel bruxellois à former de la main d’œuvre conforme aux attentes du marché de l’emploi interpellent Françoise Bertieaux et ses acolytes. C’est la raison pour laquelle cette visite était impatiemment attendue par la délégation. Un modèle de coopération étroite entre l’enseignement et le monde des entreprises garantit l’embauche de la majorité des élèves. Les meilleurs d’entre eux se voient même totalement encadrés par ces entreprises. Des ateliers totalement financés par les constructeurs automobiles permettent aux élèves de travailler sur du matériel récent et d’ainsi s’adapter rapidement à la réalité du monde professionnel. Selon la présidente des libéraux bruxellois, ce modèle de coopération entre le public et le privé peut servir d’exemple pour réformer l’enseignement technique et professionnel bruxellois. La première journée du voyage s’est poursuivie avec la visite d’une école fondamentale privée, le Fetih Koleji, et s’est clôturé avec un souper avec des journalistes turcs : Bülent Keneş, rédacteur en chef du quotidien Today’s Zaman, Faruk Mercan, journaliste auprès du groupe Samanyolu, la professeure Beril Dedeoğlu, éditorialiste auprès du quotidien Today’s Zaman, le professeur Seyfettin Gürsel, éditorialiste auprès du quotidien Radikal et le professeur Cemil Ertem, éditorialiste auprès du quotidien Star. La délégation du MR y a eu l’occasion de s’informer sur la politique d’enseignement de la Turquie, et plus particulièrement sur l’enseignement supérieur. Les libéraux bruxellois ont également répondu aux questions des journalistes sur la crise institutionnelle que vit la Belgique. Visites du groupe Ülker, du journal Zaman et de l’Université Technique Yildiz La deuxième journée de la mission s’est entamée avec la visite de l’usine de chocolat du groupe Ülker, connue pour avoir rachetée la célèbre chocolaterie de luxe Godiva en 2007. La délégation libérale a été reçue par le Vice-Président du groupe de stratégie institutionnelle, de marketing et d’opérations internationales de la multinationale Burak Elmas, qui est aussi le coordinateur de la marque Godiva. Monsieur Elmas a donné un bref aperçu et un historique du groupe et s’est attardé sur la stratégie du groupe concernant Godiva. Il a insisté sur le fait que Godiva poursuit ses activités en stand alone,  modèle qui a fait l’objet d’une étude de cas de la très prestigieuse Harvard Business Review. Monsieur Elmas a souligné que grâce à ce modèle, le nouveau conseil d’administration composé de managers mondialement renommés dispose d’une marge d’autonomie très importante qui a permis à la chocolaterie de développer ses activités et d’augmenter son chiffre d’affaires. Aujourd’hui, la structure de Godiva est totalement autonome et le groupe s’informe des résultats via des vidéoconférences régulières. Cette visite a aussi été l’occasion pour Philippe Pivin, Député-Bourgmestre de Koekelberg, de solliciter le soutien du groupe pour le Belgian Chocolate Village, future maison de chocolat qui se situera juste à côté de l’usine de Godiva à Koekelberg. Monsieur Elmas a accepté avec joie de soutenir ce projet. Les libéraux bruxellois se sont ensuite rendus au siège du journal Zaman, premier périodique de Turquie avec une circulation qui dépasse le million d’exemplaires. Ils ont été reçus par Monsieur Celil Sagir, directeur de la rédaction de Today’s Zaman, un quotidien en anglais diffusé à huit mille exemplaires et destiné aux expatriés anglophones. Monsieur Sagir a dressé un bref aperçu de la scène politique turque et a informé la délégation concernant les prochaines élections législatives prévues pour le 12 juin. Les libéraux Bruxellois ont ensuite été reçus au campus central l’Université Technique de Yildiz, qui fête les 100 ans de sa création cette année. Le campus se trouve dans un domaine annexe du palais de Yildiz qui était habité par le Sultan Abdulhamid et offre une très belle architecture. La délégation a été informée du système d’enseignement supérieur turc, dont l’accès dépend d’un double examen. Les possibilités de partenariat ont aussi été discutées. L’Université a des accords d’échange d’étudiants avec les universités flamandes dans le cadre du projet Erasmus mais déplore de ne pas pouvoir en signer avec des universités et hautes écoles francophones. La coordinatrice Erasmus de l’université a donc demandé le soutien de la délégation pour entrer en contact avec les universités francophones.